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Professeur Filip De Keyser(université de Gand)

info Coronavirus (COVID-19) & rhumatismes

mise à jour du 3 mai 2020


# Introduction. En décembre 2019, dans la ville chinoise de Wuhan, une épidémie a éclaté avec des symptômes semblables à la grippe. Chez certains patients, ceux-ci se transformaient en pneumonie. L'infection s'est avérée être causée par un nouveau virus, le coronavirus qui provoque le COVID-19. Il est transmis par la salive et les sécrétions nasales, directement entre deux personnes ou indirectement par l'intermédiaire de matériaux touchés par les personnes. Le virus est également excrété dans les selles. Il est important de savoir que la transmission du virus par le porteur peut commencer 2 à 3 jours avant l'apparition des premiers symptômes de la maladie. La contagion du virus est élevée.

Dans cette lettre, nous tentons de donner autant de réponses que possibles aux questions qui nous sont posées par les personnes souffrant de rhumatismes. Nous mettons à jour très régulièrement selon les nouvelles informations reçues.

# Le corona reste la nouvelle norme pendant un certain temps. Il semble que l'épidémie du coronavirus sera avec nous pendant un certain temps. La vie avec le corona sera peut-être la norme pour l'année ou les deux ans qui viennent, jusqu'à ce que nous ayons un vaccin efficace. Quelles mesures seront d'application dans les prochains mois, les autorités nous en feront part au fur et à mesure.

Mais sachez-le : cette crise est temporaire et tout rentrera dans l'ordre.

# Les personnes atteintes de rhumatismes sont-elles plus à risque par rapport au coronavirus ? Certaines maladies rhumatismales sont uniquement mécaniques (usure ou arthrose), d'autres sont causées par des inflammations (arthrite) suite à un dysfonctionnement du système immunitaire. Le traitement des personnes atteintes d'arthrite est conçu de manière très individuelle pour éviter les crises et de futurs dommages aux articulations. L'objectif est toujours de trouver l'équilibre le plus avantageux entre l'efficacité et la sécurité. La combinaison de rhumatismes inflammatoires avec l'immunothérapie engendre une certaine perte de l'immunité. Cela joue un rôle notamment en cas de présence de facteurs secondaires nuisant à la qualité du système immunitaire. Dans ce sens les personnes traitées pour des rhumatismes inflammatoires peuvent être plus sensibles aux infections en général, donc également au coronavirus. Si le résultat spécifique de l'infection au coronavirus sera différent pour un(e) rhumatisant(e) comparé(e) à d'autres personnes de son âge ? C'est un point d'attention particulier. Les données que nous possédons n'indiquent rien de tel et c'est une lueur d'espoir importante.

# Que faire pour optimiser l'immunité ?

Une vie saine est le premier facteur important pour soutenir l'immunité : ne pas fumer, limiter la consommation d'alcool, une alimentation saine et variée, suffisamment d'exercice physique, suffisamment de repos... En outre, les vaccinations contre la grippe (annuelle) et les infections pulmonaires (pneumocoques) sont conseillées. D'autres vaccins peuvent être conseillés sur une base individuelle. Sur internet certains moyens sont recommandés (y compris les compléments alimentaires) comme remèdes miracles pour vous protéger du virus. Ne vous laissez pas abuser, de tels remèdes n'existent pas !

# Refroidissement, rhume des foins ou corona?

Si vous devez éternuer et vous moucher à cette époque de l'année, il n'est souvent pas possible de faire la distinction entre un rhume banal, une allergie au pollen ou une infection au corona. Les symptômes qui font soupçonner une infection au coronavirus, sont : de la fièvre (> 38 °), un sentiment d'épuisement intense, une toux sèche, un essoufflement. En cas d'indications d'une infection des voies respiratoires, contactez toujours votre généraliste qui décidera si une consultation aux services d'urgence est indiquée.

# Puis-je subir un test pour savoir si je suis actuellement infecté par le COVID-19? Pour ce test, des matières virales sont recherchées dans les sécrétions nasales ou de la gorge. Certains centres fonctionnent depuis peu avec un test sanguin rapide qui peut détecter une infection récente. Un tel test exige cependant la présence d'un type particulier d'anticorps ce qui provoque parfois un test négatif pendant la phase très précoce d'infection. Au début de la phase de crise, la disponibilité des tests était limitée. Entre-temps, il y a suffisamment de capacité de tests (à partir du 4 mai) pour tester toutes les personnes présentant des symptômes ou suspectées d'infection virale, soit via le médecin traitant (à condition qu'il dispose du matériel de prélèvement adéquat et de vêtements de protection) soit via l'orientation vers le centre de triage.

# Puis-je subir un test pour savoir si j'ai été infecté par le COVID-19 et si je suis maintenant immunisé(e) ? Pour ce test, une prise de sang est effectuée et des anticorps contre le COVID-19 sont recherchés. Ce n'est que très récemment que ce test est suffisamment au point pour pouvoir être utilisé à plus grande échelle. Reste à savoir pour qui ce test sera mis à disposition à court terme Probablement d'abord pour le personnel soignant. Ce test jouera aussi un rôle dans le déploiement d'une stratégie de sortie après le lockdown.

# L'infection causée par le coronavirus est-elle grave ? Le déroulement d'une infection au coronavirus est assez semblable à celle d'une grippe classique. Cela signifie que la plupart des personnes ont un rhume pendant quelques jours, avec ou sans douleurs musculaires ou fièvre. Ensuite, elles guérissent spontanément. Chez une minorité des personnes infectées, le système immunitaire présente une réaction hyperactive dans une seconde phase (on parle de choc cytokinique, une production non contrôlée de substances inflammatoires) qui cause des dommages aux organes, notamment aux poumons. C'est la phase dans laquelle le malade se sent essoufflé et épuisé. Les dégâts aux poumons peuvent déjà être très graves dans cette phase, et imposer un traitement en soins intensifs, parfois avec respiration artificielle. Le pronostic est le moins favorable pour les personnes âgées et fragiles, mais les jeunes adultes peuvent également devenir gravement malades.

# Les médicaments contre les rhumatismes affectent-ils l'évolution de l'infection au coronavirus ? Nous supposons que les rhumatisant(e)s sont un peu plus sensibles aux infections respiratoires en général ; d'où la grande importance des mesures sanitaires générales et des vaccinations générales. Nous ne savons pas avec certitude, dans quelle mesure les rhumatismes sous-jacents et les médicaments contre les rhumatismes influent sur le déroulement de cette seconde phase plus grave. Ce qui est le pire pour le résultat : une inflammation rhumatismale non contrôlée ou l'utilisation de médicaments inhibant la cytokine ? A ce jour, nous n'avons pas d'indications que les médicaments contre les rhumatismes (et en particulier les médicaments biologiques) aggravent l'intensité ou la durée de l'infection à COVID-19. Ces derniers jours, des données plus rassurantes ont été publiées dans des revues médicales de premier plan (données originaires d'Italie et de New York). En outre, il est intéressant de savoir que les effets de certains médicaments contre les rhumatismes sont testés pour des patients atteints d'un cas grave du coronavirus.

# Solidarité entre les personnes atteintes de rhumatismes, de psoriasis, de la maladie de Crohn et de colite. Un certain nombre de maladies inflammatoires ont l'air très différentes à première vue, mais se ressemblent notamment au niveau des mécanismes de la maladie et des médicaments prescrits. Un groupe de médicaments modernes (appelés médicaments biologiques) qui ont un effet sur le système immunitaire est utilisé pour des personnes atteintes de rhumatismes, de psoriasis ou d'inflammations intestinales. La solidarité entre ces différents groupes de patients et la concertation rapprochée et continue entre les différents médecins spécialistes sont nées de ce fait. Des données françaises récentes sur un grand groupe de personnes atteintes d'inflammation intestinale chronique sous traitement avec des médicaments également utilisés chez des patients souffrant de rhumatisme ne montrait aucune aggravation chez les patients sous cette thérapie.

# Pouvons-nous mieux nous protéger contre la propagation d'infections respiratoires virales ? La peur n'aide pas, mais la prudence, si. En cas d'infections respiratoires, la transmission du virus se produit principalement par des particules de salive ou de mucus pendant les quintes de toux ou les éternuements, mais également par les particules du virus qui peuvent survivre pendant un certain temps sur des surfaces solides (peut-être pendant plus de 24 heures). Les virus n'ont ni ailes ni pattes pour se déplacer d'une personne à l'autre. Seul le contact humain leur permet de se propager. Si nous veillons à éviter au maximum les contacts (pas de contact direct tel que se serrer des mains ou se faire des câlins, conserver une distance d'un mètre cinquante), nous construisons une barrière forte contre le virus. Quelques conseils concrets que tout le monde connaît déjà et applique :

@ Ne pas se serrer la main, ne pas s'embrasser

@ Évitez le contact entre vos mains et votre visage

@ Utilisez un mouchoir en papier jetable quand vous toussez ou éternuez ; éternuez dans votre coude

@ Lavez-vous les mains et continuez à les laver ; le savon est efficace pour désinfecter vos mains ; coupez-vous les ongles

@ Conservez une distance de 1,5 mètre ; évitez des groupes plus grands

@ Lavez le linge un peu plus souvent que d'habitude

@ Désinfectez régulièrement les surfaces, en particulier dans les espaces où des personnes de «cercles» différents se rassemblent

@ Vous ne pouvez pas être prudent(e) quand cela vous semble important ; vous êtes toujours prudent(e) ou vous ne l'êtes pas.

# Le coronavirus aime les contacts. Ce que nous faisons sans contact, nous le faisons mieux.

@ Saluez à distance, sans serrer des mains

@ Contactez votre soignant par téléphone ou par e-mail si possible ; rendez-vous seulement chez votre médecin si vous avez une bonne raison et prenez toujours rendez-vous à l'avance.

@ Vous pouvez envoyer votre attestation d'incapacité de travail par voie numérique

@ Les prescriptions médicales peuvent être envoyées par voie numérique et n'ont pas besoin d'être imprimées (temporairement) ; même le code unique recip-e-ID (le code composé de lettres et de chiffres sous le code-barres) suffit provisoirement

@ Installez l'application "itsme" sur votre téléphone mobile ; elle offre de nombreuses possibilités, par exemple pour vous connecter à la plateforme CoZo sans carte d'identité

@ Si possible, payez par carte.

# Nos habitudes sanitaires améliorées empêcheront-elles une propagation de l'épidémie au coronavirus ? Le risque d'infection individuel est en effet réduit si la personne en question respecte des habitudes sanitaires améliorées. Cependant, nous ne nous attendons pas à pouvoir éviter l'épidémie. Ce que nous souhaitons obtenir est une répartition de l'épidémie sur une période plus longue, pour aplanir le pic de l'épidémie (= le nombre de personnes malades en même temps). De cette façon, nous essayons d'éviter le risque qu'à un moment donné, la capacité des hôpitaux (pour les personnes gravement malades à cause du virus) soit insuffisante, ce qui entraîne actuellement des situations dramatiques en Italie.

# C'est le moment d'arrêter de fumer !

Nous savions déjà que le tabagisme est un important facteur de risque qui raccourcit la vie et qui joue un rôle négatif lors du déroulement des maladies rhumatismales. Aujourd'hui s'ajoute à cela une raison supplémentaire pour s'arrêter urgemment de fumer : le tabagisme augmente le risque d'infection par le COVID-19 et le danger d'une évolution moins favorable de la maladie. Ce facteur de risque dépend de vous !

# Tirez profit de cette crise pour reconsidérer vos habitudes. Changer ses habitudes est difficile, mais la crise du coronavirus apporte la preuve qu'il est possible de le faire, même à très court terme. En à peine 1 à 2 semaines, nous nous sommes abstenus de nous serrer la main et avons appris à garder une distance de 1,5 m. Cela semblait impensable il y a peu ! Pourquoi ne pas examiner de plus près certaines autres habitudes ? Faites-vous assez d'exercice ? Avez-vous une alimentation saine ? Le moment ne serait-il pas venu de vous déstresser ou de vous arrêter de fumer ? La crise du coronavirus le prouve : si nous sommes conscients des raisons du changement et si nous sommes assez soutenus par notre environnement, nous pouvons transformer une intention saine en une habitude saine. Never waste a good crisis!

# Que faire si vos mains sont desséchées et douloureuses à cause des lavages fréquents ? C'est inévitable : se laver les mains (avec du savon !) est un atout très important dans le combat contre le virus, même si nos mains se dessèchent et même si certaines personnes qui avaient déjà une peau sèche, souffrent d'eczéma. Le dermatologue nous a donné les conseils suivants. Utiliser un savon doux ou de l'huile.  Quelques suggestions concrètes (mais non limitatives) : Huile de nettoyage des mains Eucerin pH5 pour la peau sèche et rugueuse ; huile de lavage d'autres marques (Uriage, Avène, Louis Widmer, ...).  Enduire régulièrement les mains après le lavage avec une crème non parfumée et nourrissante. Une fine couche  suffit(mieux vaut une fine couche 10 fois par jour qu'une couche épaisse une fois par jour). Sur base de l'avis du dermatologue, quelques suggestions concrètes (mais non limitatives) : Avène Cicalfate, crème isolante et réparatrice; crème réparatrice pour les mains La Roche Posay Cicaplastative. En cas de développement d'eczéma (démangeaisons, douleur, rougeur, vésicules) une pommade à la cortisone peut apporter un soulagement.

# Si vous recevez des injections intramusculaires de Ledertrexate® par une infirmière, il est conseillé de les remplacer temporairement par des cachets. Aidez les infirmières à domicile en évitant les contacts dans la mesure du possible. Si vous receviez des injections intramusculaires de Ledertrexate® une fois par semaine par une infirmière à domicile, consultez votre infirmière à domicile ou votre médecin pour les remplacer temporairement par des cachets ou éventuellement par la forme sous-cutanée (Metoject®), que vous pouvez (apprendre à) administrer vous-même.

# Le traitement des rhumatismes doit-il être interrompu préventivement ? Il n'est pas conseillé d'interrompre les médicaments rhumatismaux chez les personnes qui ne présentent pas de signes d'infection et qui n'ont pas eu de contact récent avec des personnes infectées par le COVID-19.

# Faut-il interrompre le traitement des rhumatismes en cas de symptômes d'infection (fièvre, éternuements, toux) ?

a/ les anti-inflammatoires de type aspirine (ibuprofène, piroxicam, diclofénac...). Il y a des incertitudes récentes indiquant que de tels anti-inflammatoires pourraient avoir un effet négatif sur le déroulement d'un épisode viral. Si vous avez des signes d'infection et si vous utilisez de tels anti-inflammatoires, vous pouvez les remplacer temporairement par du paracétamol (max. 3 g/jour)

b/ les médicaments classiques contre les rhumatismes (Ledertrexate®, Metoject®, Arava®, Leflunomide, Plaquenil®, Salazopyrine®). En cas de signes d'une infection active, Plaquenil® et Salazopyrine® doivent être continués ; il vaut mieux interrompre temporairement les autres médicaments de ce groupe.

c/ la corticothérapie chronique ne sera pas interrompue pendant une période infectieuse ; le rhumatologue veille toujours au dosage minimal de la corticothérapie, uniquement le dosage strictement nécessaire.

d/ les médicaments biologiques et autres médicaments modernes contre les rhumatismes (Humira®, Amgevita®, Idacio®, Hulio®, Imraldi®, Hyrimoz®, Enbrel®, Benepali®, Erelzi®, Cimzia®, Simponi®, RoActemra®, Kevzara®, Taltz®, Stelara®, Orencia®, Remicade®, Remsima®, Flixabi®, Cosentyx, Olumiant®, Xeljanz®) seront interrompus en cas de signes d'infection.

Il vaut mieux contactez votre médecin si de telles décisions de traitement s'imposent.

# Faut-il interrompre le traitement chez les personnes qui ont eu un contact avec une personne infectée par le COVID-19, sans monter de symptômes infectieux ? Les anti-inflammatoires tels que l'Aspirine, la cortisone, le Plaquenil® et le Salazopyrine® ne devraient pas être interrompus. D'autres médicaments anti-rhumatisme peuvent être temporairement interrompus, en concertation avec le médecin traitant pendant une période d'environ deux semaines ; pendant ce laps de temps, il devrait être clair si oui ou non, il y a des symptômes de COVID. S'il n'y a aucun symptôme d'infection, le traitement peut être repris

# Que faire si vous recevez des médicaments rhumatismaux par voie IV ?

Certains médicaments contre les rhumatismes sont administrés par voie IV dans un hôpital de jour. La décision d'ajuster (temporairement) un tel traitement dépend de plusieurs facteurs : la situation à l'hôpital de jour, la stabilité de vos rhumatismes, êtes-vous mis en quarantaine, est-ce qu'il y a des alternatives ? L'intervalle d'administration peut être ajusté ou une administration différente peut être préconisée temporairement. Dans de telles circonstances, une concertation avec votre équipe de rhumatologie s'impose.

# Que faire si mon pharmacien n'a plus de Plaquenil® en stock ? Plaquenil® est un médicament utilisé fréquemment en rhumatologie. Il s'avère maintenant que c'est également un médicament qui pourrait être utile chez certains patients atteints d'une infection grave au corona (les preuves de cela sont cependant actuellement faibles). En quelques jours, la totalité du stock de Plaquenil® en pharmacie était épuisé. L'Agence fédérale des médicaments (AFMPS) a entre-temps pris des mesures visant à garantir la disponibilité de Plaquenil® pour les patients atteints de rhumatismes. Demandez donc à votre médecin d'indiquer le motif de son utilisation (lupus) sur la prescription.

# Les certificats de remboursement des médicaments sont prolongés automatiquement de 3 mois. S'il n'est pas possible de demander le renouvellement d'une autorisation expirant pendant la crise du coronavirus, cette date sera automatiquement prolongée de 3 mois.

# Votre médecin peut envoyer une prescription électronique par mail. Que se passe-t-il si vous ne pouvez pas imprimer la prescription ? Sur chaque prescription figure un code en lettres et en chiffres (le code RID) sous le code-bar. Si vous fournissez ce code à votre pharmacien, le médicament peut être délivré. C'est une réglementation temporaire pendant la crise du corona

# Les masques buccaux sont-ils utiles ? Pendant la phase de sortie de confinement, il est demandé de porter un masque naso-buccal dans les transports en commun et là où les circonstances ne permettent pas de respecter la distanciation sociale (par ex. dans certaines situations professionnelles). Il est surprenant de constater qu'il y ait aussi peu d'études sur lesquelles nous pouvons fonder une opinion significative concernant les masques buccaux. L'utilité potentielle de masques buccaux pour lutter contre la propagation de la pandémie doit, de plus, être équilibrée au manque de masques et à la protection prioritaire des soignants. Ce manque est actuellement moins présent qu'au début de la crise mais est toujours réel. D'où la suggestion de faire des masques en tissus (voir www.maakjemondmasker.be).

Les professionnels de la santé en première ligne utilisent ce qu'on appelle des masques FFP2/KN-95. L'air que le porteur inhale est filtré, le masque protège le porteur. Il est pénible de porter ce type de masque pendant une longue période (par ex. une période de travail complète) mais les soignants le font. Cela mérite le respect ! Le masque FFP2/KN95, n'a pas sa place en dehors des centres de soins jusqu'à nouvel ordre.

Un masque naso-buccal chirurgical couvre la bouche et le nez et protège principalement de l'intérieur vers l'extérieur. Cela signifie qu'il empêche les germes présents chez le porteur de se transmettre à quelqu'un d'autre quand le porteur tousse ou éternue. Ce n'est qu'en mesure limitée que le porteur du masque est protégé (bien que ce soit ce que la plupart des gens attendent de lui, ...). Quand vous portez ce masque, vous protégez surtout autrui ; si chacun porte ce masque quand la distanciation sociale ne peut pas être respectée (par ex. dans les transports en commun) alors nous nous protégeons les uns les autres.

Remarque importante : les masques buccaux ne doivent pas vous rendre trop confiants ou vous donner un faux sentiment de sécurité. Même si vous utilisez un masque buccal, toutes les autres règles d'hygiène doivent être autant que possible respectées (lavage des mains, distanciation sociale)

# Comment utiliser correctement un masque chirurgical ? Un masque chirurgical est composé de trois couches : 

a/ la couche extérieure (très souvent de couleur bleue ou verte) est hydrofuge afin d'empêcher que les germes venant de l'extérieur ne s'y accroche ; 

b/ La couche intermédiaire est un filtre ; 

c/ la couche intérieurs (blanche) absorbe l'humidité qui est présente dans l'air que vous expirez. 

La manière correcte de porter un maque est de le porter avec la partie hydrofuge colorée à l'extérieur, la partie blanche à l'intérieur et le bord métallique souple, vers le haut (que vous pouvez ajuster sur votre nez). Assurez vous que le masque couvre votre nez, votre bouche et votre menton. Essayez de toucher le masque et votre visage aussi peu que possible ; si vous voulez quand le toucher, lavez-vous les mains avant et après le contact avec votre masque buccal. Le masque chirurgical classique est prévu pour un usage unique ; si vous le portez pendant un certain temps, enlevez-le (sans en toucher la surface) et jetez-le à la poubelle. Les masques en tissu faits maison sont lavables et réutilisables. Si vous utilisez un masque pendant un certain temps, vous verrez que c'est assez difficile (sans le toucher) et vous aurez du respect pour le personnel soignant qui, le plus souvent porte des masques plus contraignants pendant des heures.

# Ne restez pas dans la salle d'attente d'un cabinet médical si vous toussez ou si vous avez de la fièvre. Veillez à protéger le personnel soignant et les autres patients. Si vous pensez avoir été infecté, vous devez rester chez vous et ne pas contaminer les autres. Dans ce cas, contactez votre médecin traitant par téléphone et demandez-lui les instructions à suivre.

# A partir du 4 mai, les consultations non urgentes reprennent chez votre médecin traitant et chez les spécialistes. Chaque hôpital et chaque cabinet privé élabore sa propre stratégie pour rendre la reprise progressive avec toutes les précautions nécessaires pour la sécurité. La capacité ne sera certainement pas de 100% au départ. Les médecins généralistes et les spécialistes ne travailleront que sur rendez-vous. Faites-vous accompagner par le moins de personnes possible dans la salle d'attente. Les personnes qui vous accompagnent resteront de préférence dans la voiture. Lavez-vous les mains en entrant dans le cabinet. N'amenez pas d'enfants dans la salle d'attente (sauf s'il s'agit d'une consultation pour l'enfant même); nous tenons à éviter tout contact entre les jeunes et les vieilles générations ... également dans la salle d'attente. Les prestataires de soins eux-mêmes suivent aussi des mesures d'hygiène rigoureuses.

# CoZo : un outil important pour la médecine par téléphone. CoZo (plateforme de soins collaborative) permet de partager des informations médicales (résultats de laboratoire, images radiologiques, rapports d'hôpital) en toute sécurité entre les prestataires de soins, dans le respect maximal de la vie privée du citoyen. Avant que le médecin puisse accéder aux résultats numériques du patient, l'autorisation de ce dernier est requise et une relation thérapeutique entre patient et médecin doit être confirmée. Cela peut se faire dans le cabinet du médecin. Si cela ne s'est pas fait ou est expiré entre-temps et que le médecin a besoin d'accès à certains résultats dans le cadre d'une consultation téléphonique, le patient peut alors donner ou prolonger son autorisation depuis son domicile. Rendez-vous sur le site Web de CoZo, connectez-vous avec votre carte d'identité ou via l'application itsme. Cliquez sur la case « relation thérapeutique » afin de la prolonger ou d'en créer une nouvelle avec le médecin en question.

# Préparez-vous bien à la consultation par téléphone. Le coronavirus a soudainement rendu populaire la consultation par téléphone en partant de la devise : moins il y a de contact, mieux c'est ! Gardez à l'esprit que le téléphone chez les médecins n'arrête pas de sonner ces jours-ci. Vous pouvez l'aider en rendant votre consultation par téléphone aussi courte et efficace que possible. Quelques conseils basés sur nos expériences des dernières semaines :

@ Votre n° de GSM a-t-i changé récemment ? Envoyer pro-activement un mail à votre médecin pour être certain qu'il dispose de votre bon numéro ; par la même occasion, votre médecin aura votre adresse e-mail correcte.

@ placez stylo et papier près du téléphone

@ gardez à portée de main une liste complète et à jour des médicaments que vous prenez afin de pouvoir les mentionner facilement (le médecin aura en effet du mal à deviner de quel médicament il s'agit lorsque vous parlez d'une petite pilule rose...)

@ vérifiez à l'avance les réserves de médicaments qu'il vous reste, afin de pouvoir indiquer rapidement et correctement pour quels médicaments vous avez besoin d'une prescription (électronique)

@ vérifiez autant que faire se peut si votre relation thérapeutique est toujours d'actualité pour permettre au médecin d'accéder à votre dossier électronique sur CoZo

@ contactez votre équipe soignante par e-mail ; le médecin ou le praticien décidera s'il est préférable de formuler une réponse par e-mail ou par téléphone

@ faites une liste de vos besoins : des prescriptions, un certificat de travail, un certificat de remboursement de médicament, une prescription pour le kiné, une nouvelle date de rendez-vous...

@ si vous êtes malentendant ou qu'il vous est difficile d'utiliser le téléphone, désignez une personne de confiance qui prendra contact avec l'équipe soignante en votre nom

@ Pendant une consultation téléphonique, limitez-vous à l'essentiel.

# Votre kiné et-il en lock-down ? La disponibilité de la kinésithérapie est actuellement limitée. Beaucoup de personnes souffrant de spondylarthrite ankylosante (maladie de Béchterew) et d'autres formes d'arthrite ne bénéficient pas de leur thérapie chez leur kinésisithérapeute. Cependant vous pouvez faire pas mal d'exercices seul à la maison. Contactez votre kiné et demandez-lui quels exercices vous pouvez faire seul. Il vous conseillera peut-être de consulter un site où les exercices sont bien montrés. Ou, entre-temps, vous avez trouver les exercices qui vous conviennent le mieux et vous font du bien. N'oubliez pas que la marche et le vélo sont des formes saines d'exercice.

# N'allez pas au travail si vous vous sentez malade. Les personnes qui se sentent malade doivent s'absenter du travail pour ne pas infecter les autres. C'est une règle générale toujours valable et de la plus haute importance pendant la crise du corona actuelle. Même une petite toux ou une légère fièvre vous obligent à rester à a maison. Même dans les mois à venir, il reste une réelle chance qu'il s'agisse d'une infection corona. Contactez votre médecin traitant par téléphone afin d'obtenir un certificat ou de plus amples instructions.

# Les personnes non malades, mais à immunité réduite, peuvent-elles aller travailler ? A l'heure actuelle, il n'y a pas de recommandation aux personnes à immunité réduite de rester chez elles à titre préventif. Le télétravail est encouragé autant que possible. Les mesures générales d'hygiène doivent être respectées le plus strictement possible au travail.

Toutefois, l'employeur peut adopter des dispositions particulières vis-à-vis du personnel appartenant à des groupes à risque (par ex. avec une maladie chronique, ou de l'immunité réduite). C'est ce que nous recommandons vivement. Par exemple, des adaptations de poste peuvent être accordées en concertation avec l'employeur afin de réduire le risque de contact avec les patients atteints du coronavirus. Ainsi, par exemple : le télétravail temporaire, le passage temporaire à des tâches plus administratives ou éventuellement le retrait temporaire du poste de travail (par ex., en cas de chômage technique en cas de force majeure). Sur demande de l'employeur, le médecin traitant peut établir un certificat en ce sens.

# Congé maladie ou incapacité de travail ?

Une personne apte au travail ne peut pas être placée sous assurance maladie. Si une personne est renvoyée du lieu de travail de manière préventive, par exemple parce que ce serait la seule façon d'éviter l'exposition au risque de corona, elle peut être placée en chômage temporaire pour cas de force majeure. Il en va de même dans le cas de quarantaine préventive. Dans ces conditions, le salarié reçoit une allocation de chômage temporaire correspondant à 70 % de son salaire.

# Travaillez-vous dans le secteur des soins de santé? Toute personne prenant des médicaments ayant un impact sur son immunité et qui exerce une activité dans le domaine de la santé ne devrait pas être en première ligne. Un poste de travail adapté peut sans doute être proposé. Le médecin traitant peut le cas échéant fournir un certificat à cet effet. 

Si un prestataire de soins occupant un poste à haut risque tombe malade et est diagnostiqué(e) comme ayant le coronavirus, il/elle peut bénéficier d'une indemnisation pour maladie professionnelle. Pour obtenir plus d'informations, rendez-vous sur www.fedris.be.

# Certificat numérique d'incapacité de travail

Aussi longtemps que la crise du coronavirus perdure, les médecins peuvent établir un certificat numérique d'incapacité de travail en concertation avec le médecin-conseil, et ce après un entretien téléphonique

https://www.riziv.fgov.be/SiteCollectionDocuments/getuigschrift_arbeidsongeschiktheid_telefoon_covid19.docx . Le médecin envoie le certificat par courrier ou par e-mail au patient, qui le transmet, par courrier ou par e-mail, au médecin-conseil de la caisse d'assurance maladie.

# J'ai des rhumatismes et je prends des médicaments contre les rhumatismes. Puis-je laisser mon enfant aller à l'école lorsque les écoles rouvriront ? Il n'y a actuellement aucune indication que les personnes souffrant de rhumatisme sous thérapie (y compris les biologiques) souffriraient d'une forme plus lourde de la maladie infectieuse en cas d'infection au Corona. Pour cette raison, il n'y a pas de contre indication à laisser votre enfant aller à l'école.

# Sport en sécurité. Vous pouvez sortir de chez vous. L'exercice physique et le sport sont même explicitement conseillés pour votre santé mentale et physique, mais en toute sécurité : sport en sécurité. Ne sortez pas si vous avez de la fièvre. Promenez-vous, courez ou faites du vélo ... seul ou avec votre partenaire et dans les environs immédiats de votre domicile. Ne pratiquez pas de sports de contact. Si vous n'aviez plus l'habitude de faire du sport : augmentez graduellement et écoutez votre corps. Regardez également quels exercices vous pouvez faire chez vous (vélo d'appartement, yoga, fitness,...).

# Que faire si vous présentez des signes d'infection des voies respiratoires et/ou si vous vous sentez grippé et/ou avez de la fièvre ? Procédez par étape

1. Contactez votre médecin traitant par téléphone, qui évaluera avec vous la gravité de votre infection. Si votre médecin traitant n'est pas disponible (en dehors des heures de travail) et que vous devez consulter d'urgence un médecin, composez le 1733 (ce numéro est lié au service de garde local). Si une intervention médicale urgente est requise, appelez le 112.

2. En cas de légers symptômes, le médecin traitant vous demandera de rester chez vous (sans devoir passer de test particulier) et vous délivrera un certificat de congé de maladie de 7 jours. Restez en isolement ; vous ne pouvez pas quitter le domicile. Appeler le médecin après 7 jours pour une nouvelle évaluation, ou plus tôt si les symptômes s'aggravent.

3. Interrompre la prise de tout médicament anti-inflammatoire de type aspirine et passer au paracétamol (3 g par jour maximum) ; suspendre tout traitement avec des médicaments biologiques; consultez votre médecin pour savoir si vous pouvez ou non continuer à prendre d'autres médicaments

4. En cas d'aggravation des symptômes et surtout d'essoufflement, le médecin vous dirigera vers le centre de triage coronavirus du service des urgences de l'hôpital. Le médecin urgentiste appliquera les procédures suivantes.

# L'admission aux urgences reste accessible, même pour les maladies autres que le coronavirus. Il est faux de croire que les admissions aux urgences sont pour le moment réservées aux patients atteints du coronavirus. Chaque admission aux urgences a été planifiée de manière à établir un circuit distinct pour les personnes présentant un risque de coronavirus et pour celles présentant une autre urgence. Si vous avez de graves problèmes cardiaques ou si vous pensez avoir une appendicite, vous pouvez, après avoir consulté votre médecin traitant ou le médecin de garde, vous rendre aux urgences. A partir du 4 mai, les consultations régulières de spécialistes (à et en dehors de l'hôpital) reprendront progressivement.

# Comment se protéger si une personne vivant sous le même toit présente une infection au coronavirus confirmée ou présumée ? La personne malade doit s'isoler le plus possible dans la maison (si possible dans une chambre et une salle de bain séparées). Il est préférable pour la personne malade et les soignants de porter un masque s'ils se trouvent dans une pièce commune. Toutes les mesures d'hygiène mentionnées ci-dessus doivent être respectées le plus strictement possible (éviter le contact physique, utiliser d'autres ustensiles de table, se laver les mains, se désinfecter).

Utilisez des gants jetables pour le nettoyage et la manipulation du linge, des ustensiles de cuisine ou des déchets avec lesquels la personne malade a été en contact.

# Quand et comment désinfecter ?

La désinfection est recommandée exclusivement en cas de présence d'une personne atteinte du coronavirus dans la maison ou si les pièces sont utilisées par des personnes issues de différents «cercles» (par exemple sur le lieu de travail).

Certains produits de nettoyage fonctionnent bien pour tuer les bactéries, mais pas les virus. L'alcool à 70 % est un excellent désinfectant antiviral, mais se fait rare à l'heure actuelle. Vous pouvez également utiliser de l'eau de Javel à 1 %. Attention, l'eau de Javel est très irritante pour la peau et les muqueuses. Portez des gants lorsque vous utilisez l'eau de Javel et protégez vos yeux. Gardez l'eau de Javel hors de portée des enfants. Veillez également à perdre le moins d'eau de Javel possible dans l'environnement.

# Le travail à domicile avec les enfants est loin d'être de tout repos ! De nombreuses familles ont transformé le salon en lieu de travail et en salle de classe. Toute personne qui est déjà plus sensible au stress en raison d'un état médical a du mal à le supporter. Quelques astuces :

@ entendez-vous bien ; sortez un moment quand il y a un moment de stress

@ utilisez si possible un bureau à part (le garage ou le grenier peuvent aussi être envisagés) ; en cas d'impossibilité, prévoyez une table de travail séparée ; un endroit bien rangé vous tranquillisera l'esprit

@ conserver un maximum de régularité ; changez de vêtements au début de la journée de travail et changez de tenue le soir

@ faites des pauses régulières ; dégourdissez vous les jambes de temps à autre et faites du stretching

@ le port d'un casque peut vous isoler, surtout si vous devez téléphoner régulièrement

@ déterminer un moment pour arrêter le travail et éteindre l'ordinateur ; en changeant de tenue, votre cerveau aura l'idée que la journée de travail est terminée.

@ Cela peut vous aider d'accrocher une lampe (de vélo par ex.) à votre porte pour indiquer à vos colocataires si vous pouvez être dérangé ou pas.

@ Soyez indulgent avec vous-même si vous ne respectez pas une deadline.

@ vous accumulerez peut-être de bonnes expériences avec le télétravail, peut-être pas ; gardez ces moments en tête pour mieux organiser votre travail par la suite

# Conseils de transports et de déplacement Rendez-vous sur le site Web officiel www.info-coronavirus.be 

vous trouverez dans les FAQs la rubrique « Transports et déplacements ». Jusqu'à nouvel ordre, les recommandations concernant les transports et déplacements pour le citoyen moyen s'appliquent également aux personnes atteintes de rhumatisme. Le conseil général pour aujourd'hui reste le suivant : ne voyagez pas. Et peut-être que ce conseil continuera pendant un certain temps. Ne réservez donc pas encore de vacances à l'étranger pour cet été.

Voici des sites Web fiables :

www.reumanet.be

www.info-coronavirus.be  

www.gezondheidenwetenschap.be

# Numéros de téléphone utiles

112

Ambulances / pompiers

101

Police

1733

Médecin de garde

106

Télé-accueil

0470/329.457 

Reumanet

0800 14 689

Infos du gouvernement à propos du coronavirus