Association des Patients Sclérodermiques de Belgique Téléphone: +32 (0) 69 77 70 19 Email: info@sclerodermie.be

Le reflux gastrique




SOINS PAR MEDICAMENTS MAIS AUSSI ...

Surveiller votre alimentation

Dr Kathy Bonan Nutritionniste Paris

Certaines habitudes alimentaires ont tendance à favoriser les reflux. Attention d'abord à l'excès de graisses qui ralentit la vidange de l'estomac - d'où un risque plus important de troubles - et empêche en plus le sphincter en bas de l'oesophage de bien fonctionner. Evitez aussi de manger de grosses portions, d'autant plus en les avalant à la va vite : cela peut contribuer à maîtriser vos symptômes. Consommez avec précaution ce qui augmente la sécrétion acide de l'estomac : boissons alcoolisées, citron pressé et café. A elle seule, la caféine peut entraîner le problème ou l'accentuer.A l'inverse, certains aliments peuvent procurer une amélioration si on les consomme régulièrement : persil - son calcium renforce le fameux sphincter -, gingembre, anis, fenouil, carottes ou concombres, cannelle, vinaigre de cidre de pomme à mettre dans la salade ... Et pour favoriser la digestion, optez pour une tisane de gingembre : pour cela faites bouillir, pendant environ 10 minutes, 1,5 cuillerée à thé de gingembre frais (ou 1/2 cuillerée à thé de gingembre en poudre) pour une tasse d'eau. La réglisse est excellente : elle stimule la production de mucine, substance qui forme une barrière protectrice dans l'oesophage contre l'acidité . Avant les repas, prenez un petit carré de Cachou ou de Zan, sans toutefois dépasser trois carrés par jour ( au-delà, cela peut faire monter la tension artérielle ).Enfin, pensez au magnésium, présent dans les médicaments anti-acides : il peut contribuer à diminuer les sensations de brûlures et lutte en plus contre le stress aggravant. Vous pouvez prendre deux à trois comprimés de 50 mg par jour après les repas .

SOINS PAR MEDICAMENTS MAIS AUSSI ... Apprenez Ă  mieux controler votre stress   

Dr Patrick LĂ©geron

Psychiatre HĂ´pital Ste Anne Paris

Le stress est un amplificateur des symptĂ´mes de reflux
 Plus vous stressez, plus vous les ressentez de façon importante et frĂ©quente. Un vrai cercle vicieux ! Il est donc essentiel d'agir sur ce facteur. Il n'y a pas de potion magique pour Ă©radiquer le stress de la vie, mais vous pouvez apprendre Ă  le gĂ©rer au mieux et Ă  limiter son impact. Commencez par essayer
de chasser les facteurs de stress de stress de votre style de vie. Par exemple, partez plus tôt si vous stressez à l'idée d'arriver en retard, n'entreprenez pas mille choses à la fois ...
Listez ce qui vous stresse au fil des jours, cela vous aidera à dédramatiser : on se rend souvent malade pour des riens

De même, une bonne hygiène de vie (alimentation, sommeil ...) est indispensable pour reconstituer votre énergie. Attention, en revanche, au café et au tabac qu'on a tendance à davantage consommer dans les situations de stress : la caféine et la nicotine donnent l'illusion de le réduire, mais l'amplifient à terme. L'activité physique, qui détend et dynamise à la fois, est un bon antidote. Vous pouvez également apprendre une technique de relaxation : vous en servir au quotidien vous apportera un véritable relâchement physique et psychique.

Enfin, il est important de contrebalancer les effets négatifs du stress par des moments positifs : petits plaisirs au quotidien (lire un magazine, préparer une nouvelle recette de cuisine ...), moments agréables avec l'entourage ou les amis auprès desquels on peut se confier et obtenir des conseils. Tout cela diminue le stress !

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DECOUVERTE ! La nouvelle vague contre le reflux


Pour les 10 % de la population qui souffrent de reflux gastro-oesophagien, une Ă©quipe belge finalise une nouvelle technique prometteuse : elle permet de reconstituer efficacement une barrière anti-reflux en passant « simplement » par une voie naturelle, la bouche.  

Depuis 10 ans, Monsieur X. souffrait de régurgitations acides qui lui brûlaient la paroi de l'oesophage. Jusqu'il y a peu, rien ne parvenait à le soulager. Puis Monsieur X. a participé à une étude clinique et à une première mondiale : son reflux gastro-oesophagien et sa hernie hiatale ont été opérés sans qu'il en garde la moindre trace, grâce à une nouvelle technique, permise grâce à un instrument appelé Esophyx. L'intervention s'est déroulée via une voie naturelle, en passant par la bouche.

En théorie, les reflux acides (provenant des sécrétions de l'estomac) sont empêchés de remonter vers l'oesophage, et d'y causer des dégâts, grâce à une pression intra-abdominale sur le bas de l'oesophage et, surtout, grâce à une valve. C'est ce qu'on appelle la barrière anti-reflux. En fait, elle n'est parfaitement étanche chez personne. Mais les régurgitations acides, d'intensité diverse (elles augmentent en cas de stress) pourrissent réellement la santé et la qualité de vie de 10 % de la population. Elles peuvent avoir des répercussions pulmonaires, ORL et aller jusqu'à provoquer l'apparition de cellules précancéreuses dans l'oesophage.

Dans le meilleur des cas, une modification de quelques règles de vie suffit à régler le problème (ne pas dormir directement après un repas, surtout s'il a été copieux, proscrire la nourriture épicée et le chocolat !). A défaut, des médicaments, chers mais efficaces (les inhibiteurs de la pompe à protons) soulagent une majorité de malades. Si rien n'y fait, il ne reste plus qu'à envisager une intervention destinée à restituer une barrière anti-reflux, avec la reconstruction d'une valve et le traitement de la hernie hiatale, souvent associée à cette affection.

En 1991, les Drs Bernard Dallemagne et Guy-Bernard Cadière ont révolutionné cette opération. Ils sont parvenus à remplacer la chirurgie classique, avec sa grande incision et ses jours d'hospitalisation, par une technique laparoscopique : 5 orifices de 5 millimètres seulement suffisent à passer tous les instruments dans l'abdomen et à opérer. Cette « fundoplicature selon Nissen », devenue courante, est efficace dans 90 % des cas. Elle entraîne cependant des effets secondaires pour 30 % des opérés, qui gardent une sensation de ballonnement, de la diarrhée et/ou des difficultés à avale

Plusieurs équipes ont tenté d'améliorer encore cette intervention. Leur objectif ? Traiter le reflux gastro-oesopha-gien en profitant d'un accès naturel : la bouche. Trois types de techniques ont déjà été expérimentées. Toutes ont montré des limites et/ou des effets secondaires gênants.

L'Esophyx, dispositif imaginé par Stephan Kraemer, à Seattle (Etats-Unis) et développé par le Pr. Guy-Bernard Cadière, chef du service de chirurgie gastrique à l'hôpital Saint-Pierre (Bruxelles) pourrait changer la donne.

En utilisant cette technique, entre juin et octobre 2005, avec le Dr. Amin Rajan, gastro-entérologue, ils ont pu « opérer », à la clinique du Parc Léopold (Bruxelles), 17 patients parmi les 19 volontaires. « Nous insufflons d'abord de l'air dans l'estomac, explique le Pr. Cadière. La procédure, sous anesthésie générale commence par l'introduction, par la bouche, de l'Esophyx dans l'estomac. L'endoscope qui nous permet de voir les organes, est glissé à l'intérieur du système. Puis, une aspiration fixe l'oesophage à l' Esophyx. Cet organe peut ainsi être poussé en dessous du diaphragme et s'engager dans l'estomac. La paroi de ce dernier est alors pliée et rétractée, grâce à une hélice. L'extrémité articulée de l'Esophyx est utilisée comme une pince pour maintenir le pli dans l'estomac. L'ensemble crée une valve, qui,sera alors agrafée ». Après un jour de contrôle postopératoire, les patients quittent l'hôpital.

Cette nouvelle technique devrait offrir une option supplé-mentaire au sein de l'arsenal thérapeutique actuel.

De six à neuf mois après la fin de l'étude clinique, les résultats étaient parlants : 90 % des patients ont estimé que leur qualité de vie s'était améliorée, avec des symptômes nettement réduits ou inexistants, 80 % ont retrouvé un taux d'acidité normal dans l'oesophage et 3 d'entre eux seulement ont dû reprendre des médicaments, mais à des doses réduites par rapport aux taux nécessaires précédemment.

« Ce système, dont la sécurité a été démontrée, peut encore être techniquement amélioré, estime le Pr. Cadière. L'intervention ne prendrait alors qu'une vingtaine de minutes et elle ne nécessiterait qu'une légère déconnection du malade, lui évitant une anesthésie plus profonde .

Une étude multicentrique, incluant 4 équipes belges, a débuté afin de continuer à évaluer la prometteuse. L'Esophyx n'est pas destiné à remplacer définitivement l'intervention sous laparoscopie, précise le chirurgien. Mais il offrira une option supplémentaire au sein de l'arsenal thérapeutique. » M.X., 37 ans, « opéré » sans aucune trace et avec succès il y a quelques mois, ne dira pas le contraire.

Pascale Gruber

(Le Vif/L'Express juin 2006)


6ème FRANCO BELGE 18 OCTOBRE 2014


Nutrition - Dénutrition due à la sclérodermie

 par le Dr. Alexandra Chmielewski ( UnitĂ© mobile de Soutien nutritionnel du CHRU de Lille )

 Manifestations digestives chez les patients sclĂ©rodermiques :
 Les patients ayant une sclĂ©rodermie limitĂ©e Ă  la peau ont frĂ©quemment un CREST syndrome ( calcinose, syndrome de Raynaud, anomalies motrices de l'oesophage, sclĂ©rodactylie et tĂ©langiectasies ). Ce n'est que dans le cas de l'atteinte diffuse, viscĂ©rale, de la maladie ( sclĂ©rodermie systĂ©mique ) que l'atteinte digestive dĂ©passe le cadre du seul oesophage.
 Les manifestations digestives, toutes formes confondues de sclĂ©rodermie, existent chez environ 82% des patients et comprennent principalement le reflux gastro-oesophagien ( RGO ), la pseudo-ob-struction intestinale chronique, la colonisation bactĂ©rienne chronique du grĂŞle et la dĂ©nutrition.

 Atteinte digestive
 Oesophage Dysphagie, Odynophagie, Douleurs rĂ©trosternales, RGO, Oesophagite, StĂ©nose, Endobrachyoesophage

 Estomac GastroparĂ©sie, Estomac pastèque, TĂ©langiectasies
 Intestin grĂŞle GĂŞne abdominale, Ballonnements, NausĂ©es, Vomissements, Troubles du transit, Malabsorption, Pullulation microbienne, Pseudo-Obstruction Intestinale Chronique
 CĂ´lon Constipation, Fausses diarrhĂ©es, MĂ©tĂ©orisme, Stase stercorale, FĂ©calome, Syndrome occlusif


Ces symptômes digestifs, pouvant entraver la prise alimentaire, sont à risque d'entraîner un état de dénutrition. La dénutrition est la conséquence d'apports ou de stocks énergétiques insuffisants pour répondre aux besoins métaboliques de l'organisme, entraînant un amaigrissement. La dénutrition résulte soit d'apports alimentaires inappropriés ou insuffisants, soit d'une augmentation des besoins métaboliques ( maladie, stress ), soit d'une augmentation des pertes énergétiques ( pathologie du tube digestif ).


Prise en charge de l'atteinte digestive chez les patients
 En premier lieu, le RGO Ă©tant le symptĂ´me le plus frĂ©quent chez les patients sclĂ©rodermiques, on proposera de respecter quelques règles hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques. Le RGO Ă©tant souvent plus sĂ©vère que dans second lieu, un traitement mĂ©dicamenteux. En cas de dĂ©nutrition liĂ©e aux manifestations digestives de la sclĂ©rodermie, on dĂ©butera une prise en charge nutritionnelle.


 1. Règles hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques :
 Afin d'Ă©viter d'aggraver les symptĂ´mes de reflux gastro-oesophagien, quelques règles simples sont Ă  respecter :
 - Fractionnement des repas si nĂ©cessaire.
 -  Eviter la consommation de tabac, mais Ă©galement d'alcool, de thĂ© et de cafĂ©.
 -  Garder une position assise en post-prandial ( après repas ) afin d'Ă©viter les remontĂ©es acides.
 - SurĂ©lĂ©vation de la tĂŞte de lit.
 - Respecter une bonne hydratation journalière.
 -  Assurer une consommation journalière de fibres suffisante ( fruits et lĂ©gumes ).

 2. Prise en charge mĂ©dicamenteuse :
 Les principaux traitements proposĂ©s dans la sclĂ©rodermie sont les suivants :
  -  AntisĂ©crĂ©toires gastriques, comme l'Inexium®, diminuent les symptĂ´mes de RGO
      ( reflux gastro-oesophagien ) ;
 -  ProkinĂ©tiques : aident Ă  vidanger l'estomac, peuvent diminuer les symptĂ´mes de RGO ;
 - Laxatifs et lavements : en cas de constipation liĂ©e Ă  une pseudo-obstruction intestinale chronique ;
 - DĂ©contamination bactĂ©rienne intestinale par des antibiotiques.


3. Prise en charge de la dénutrition :
 En premier lieu, si l'alimentation orale reste possible, on proposera un enrichissement de
 l'alimentation ( ajout de crème, fromage dans la prĂ©paration des repas, ') et des complĂ©ments alimentaires ( sous forme de boissons lactĂ©es, crèmes desserts, ') ; avec surveillance du poids et des apports alimentaires journaliers.
 Si cette prise en charge est inefficace ou l'alimentation orale n'est pas possible, on proposera une nutrition dite « entĂ©rale » Ă  l'aide d'une sonde naso-gastrique. Cette prise en charge n'est possible qu'en cas d'intestin fonctionnel, notamment en l'absence d'occlusion intestinale.
 Si l'intestin n'est pas fonctionnel, on proposera une nutrition dite « parentĂ©rale », par les
 veines, qui ne sera utilisĂ©e qu'en dernier recours.


Tableau Ă  refaire


En conclusion, bien heureusement, peu de patients sclérodermiques nécessitent d'être nourris de façon artificielle ; et les symptômes digestifs sont, en général, bien contrôlés en respectant les règles hygiéno-diététiques et avec un traitement médicamenteux bien conduit. ?